La poussière des chemins de terre et le parfum des figues mûres, voilà comment ont commencé mes vacances. Fin juillet, j’ai pris le train depuis Paris en direction de ma Sarthe natale pour y passer une partie de mon été. J’ai longtemps boudé ce coin de campagne, jugé trop isolé par l’adolescente que j’étais. Maintenant, la maison familiale est devenue mon poste d’observation privilégié. Car ici, on vit au rythme du potager, des arbres fruitiers et des excursions improvisées. C’est une campagne ordinaire, qui en dit long sur les envies de lenteur du tourisme d’aujourd’hui.
Potager sous haute surveillance
Faire pousser des légumes, c’est négocier en permanence avec la météo. Si l’on veut des récoltes abondantes, on croise les doigts pour passer au travers des excès : du soleil mais pas trop, de la pluie mais pas trop non plus. Cette année, comme dans beaucoup de régions françaises, le jardinier en chef s’est battu contre la sécheresse. L’année dernière, c’est la forte pluviométrie et le mildiou qui l’ont fait tourner en bourrique. Les années se suivent et ne se ressemblent pas.

Grâce à la vigilance quotidienne et l’eau du puits qui permet un arrosage régulier, les haricots verts, betteraves, courgettes, tomates, aubergines et concombres ont fini par pousser. Plusieurs kilos d’oignons, d’échalotes et d’ails ont déjà trouvé leur place à la cave. Pour les pommes de terre, la déception est de mise. C’est compromis aussi pour les courges. On ne peut pas gagner à tous les coups, que voulez-vous.
Mettre l’été en pot
Pour le département sarthois, 2025 est une année à fruits : pas de gelées au printemps au moment de la floraison, pas d’épisodes de grêle pour venir abîmer les fruits au moment où ils commençaient à se former, de belles journées ensoleillées pour venir les gorger de saveurs. Seule ombre au tableau : la pluie s’est faite rare, rendant certains fruits un peu petits.


Cela n’a pas empêché les branches du figuier de s’alourdir sous le poids de la future récolte. Tout comme celle du prunier, du brugnonier et du pêcher. Calibrés ou pas, les fruits vont tous passer à la casserole : en tarte pour les repas de famille, en confiture pour approvisionner la cave, au congélateur pour l’hiver.
J’ai sorti la bassine à confiture en cuivre de ma Maman et j’ai suivi à la lettre la consigne : 700 g de sucre pour 1 kg de fruits. Après quelques heures de ramassage, triage, lavage et découpage, nous voilà avec 5 pots de confiture à la figue et 10 pots de confiture de Reine-Claude. La première tournée a pris un coup de chaud, la seconde a été validée par la direction. C’est en faisant, qu’on apprend.

Évasion à portée de reliefs
Les Alpes Mancelles appartiennent au Massif armoricain et s’étendent sur trois départements : la Sarthe, la Mayenne et l’Orne. Elles font référence aux reliefs accidentés qui viennent contraster avec les alentours plutôt plats. Formé il y a environ 1,5 million d’années, le site a été créé officiellement par décret ministériel en 1995. Mais, j’en conviens, nous sommes loin des dénivelés montagnards.
Cet été, j’ai redécouvert ce coin de verdure où l’on peut visiter des villages labellisés « Petites Cités de Caractère®« , se balader sur des sentiers pédestres balisés, manger à des tables qui valent le détour.


Selon moi, la combinaison parfaite se trouve à Saint-Léonard-des-Bois, auréolé « Petites Cités de Caractère® ». Vous pouvez déjeuner à La Maison du Gasseau. Ouvert en 2021 par Dorine et Victoire, le lieu reçoit dans ses cuisines la fine fleur des produits locaux pour mitonner un menu saisonnier sans détour : 3 entrées, 3 plats, 3 desserts. Si vous pensez que ça vous facilitera le choix, détrompez-vous. En plus, elles ont le bon goût d’allécher toutes les babines avec des options végétariennes et une carte de boissons sans alcool qui donne envie de changer de camp.
Puis, allez vous dégourdir les jambes sur le PR « Les Méandres de la Sarthe ». Au départ du Domaine de Gasseau, suivez le marquage jaune sur une boucle qui traverse les bois, longe les champs et suit le cours de la Sarthe sur une quinzaine de kilomètres. Halte de choix : vous passerez par le village de Saint-Céneri-le-Gérei, lui aussi labellisé “Petite cité de Caractère ®”.

Carnet pratique
Une journée à Saint-Léonard-des-Bois
La Maison du Gasseau
- Budget : menu à partir de 30,00 € par personne
- Horaires : variables selon les saisons
- Réservation conseillée sur le site de la Maison du Gasseau
- Conseil : troquez votre dessert contre « L’Assiette de fromages » (ou ajoutez l’option à votre menu) pour découvrir les pépites locales
PR « Les Méandres de la Sarthe »
- Point de départ : parking du Gasseau
- Distance : 16 km, 5h30 de marche environ
- Itinéraire téléchargeable sur le site de l’Office de Tourisme des Alpes Mancelles
- Conseil : faites la première boucle le matin, vous reviendrez au domaine pour le déjeuner avant de poursuivre la randonnée l’après-midi
De retour dans mon appartement parisien, je mesure combien ces étés à la campagne nourrissent mes hivers en ville. Ils me rappellent qu’au-delà des balades et récoltes, c’est une manière de vivre que j’emporte (un peu) avec moi : le culte de la patience, le besoin de lenteur, l’envie d’observer, le goût du détail. Pendant toute mon enfance, j’ai fait l’école saisonnière et je puise encore aujourd’hui dans ces apprentissages pour écrire et cuisiner.
