Récemment, j’ai renoué avec l’application Too Good to Go, qui lutte contre le gaspillage alimentaire. Mon dernier panier sauvé, datant de juin 2019, j’ai du pain sur la planche pour rattraper le temps perdu.
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Selon le portail gouvernemental Notre Environnement, chaque Français jette en moyenne plus de 60 kg de nourriture comestible par an. À l’échelle du pays, cela représente des millions de tonnes de déchets qui pourraient être évités chaque année. Parmi les denrées les plus gaspillées à la maison, les légumes, les céréales et les fruits sont en tête.
Si les ménages sont responsables de 39 % du gaspillage alimentaire, tous les acteurs de la chaîne alimentaire sont concernés et notamment les industries agroalimentaires, les commerces et les restaurants.
Fortes de ce constat, de nombreuses applis ont commencé à voir le jour en France dès 2014. Phenix, Too Good to Go, Willy anti-gaspi, HopHopFood… Aujourd’hui, elles sont une dizaine à proposer une solution de mise en relation pour les commerces qui souhaitent valoriser leurs invendus auprès des consommateurs, grâce à un système de panier surprise vendu à prix réduit.
Un panier anti-gaspi, qu’est-ce que c’est ?
Les commerçants partenaires des applis de lutte contre le gaspillage alimentaire proposent chaque jour un ou plusieurs paniers surprises, composés d’aliments dont la date limite de consommation (DLC) arrive à grands pas. Il peut s’agir de restaurants, de supermarchés, de boulangeries, de primeurs… Bref, tous les commerces qui vendent des denrées alimentaires et qui souhaitent valoriser plutôt que jeter leurs invendus du jour.

À deux pas de chez moi, plus d’une dizaine de commerçants sont recensés par Too Good to Go. Autant vous dire qu’il y en a pour tous les goûts. Parmi mes adresses préférées, il y a deux boutiques Naturalia, qui proposent des paniers mixtes avec un assortiment de produits frais et d’épicerie pour 3,99 €, la savoureuse boulangerie Atelier Fargo ou encore Chez les Deux Amis, qui met en vente des paniers de plats kurdes à 4,99 €.
3 astuces pour cuisiner un panier anti-gaspi
- Faire le tri dès le retour à la maison
Un grand penseur a dit un jour : « L’anti-gaspi, c’est comme une boîte de chocolats. On ne sait jamais sur quoi on va tomber. »
Alors, comme un bambin au matin de Noël, je déballe mes victuailles à peine arrivée à la maison. En plus de me mettre en appétit, cela me permet de faire un premier tri de mon panier anti-gaspi pour identifier les fruits et légumes abîmés, ainsi que les produits frais avec une date de péremption proche.
- Planifier les repas à venir
Il faut savoir que, face à un panier anti-gaspi, je me sens (un peu) comme une candidate de Top Chef prête à relever un nouveau défi culinaire. De ce garde-manger de fortune, je réfléchis aux recettes que je vais pouvoir me mitonner en deux coups de cuillère à pot, en associant les produits qui font bon ménage.
Si je ne sais pas comment m’attaquer à un chou-fleur entier, je vais glaner l’inspiration sur Jow, Instagram ou dans les livres de cuisine qui retrouvent finalement leur usage premier.
- Prolonger la conservation
Si vous êtes l’heureux propriétaire d’un congélateur, vous pouvez facilement y conserver la viande, le poisson, les fruits et légumes ou encore le pain.
De mon côté, je n’ai pas cette option à disposition. Je me lance donc dans l’épluchage et le découpage effrénés des fruits et légumes de mon panier anti-gaspi. J’enlève les parties les plus abîmées pour limiter la propagation, avant de les placer au réfrigérateur ou de les cuisiner dans la foulée.
Les idées de recettes faciles pour éviter de gaspiller l’anti-gaspi
N’ayant pas inventé le fil à couper le beurre, je me tourne vers des recettes simples pour cuisiner rapidement le contenu de mes paniers anti-gaspi.
Pour les fruits
Si vous avez des fruits très abîmés, le mieux est de les réduire en compote, en coulis ou en smoothie. Pour varier les plaisirs, vous pouvez les utiliser comme base dans des recettes de banana bread, de cake aux pommes ou de crumble aux fruits.
Avec les fruits les moins endommagés, le champ des possibles est un peu plus vaste : salade de fruits, tarte de saison, pavlova ou encore clafoutis.
Pour les légumes
Aubergine, chou-fleur, courge… Chez moi, les légumes finissent rôtis au four la plupart du temps. Assaisonnés avec de l’huile d’olive et des épices, ils accompagnent parfaitement une pièce de viande ou un filet de poisson. Mélangés avec d’autres ingrédients, ils peuvent aussi bien se transformer en salades composées.
Les ragoûts de légumes, comme la ratatouille ou le dahl, sont également de bons alliés de la cuisine anti-gaspi. Nettoyés, épluchés et coupés en morceaux, vos légumes peuvent paresseusement mijoter dans une sauce tomate ou du lait de coco, pendant que vous faites autre chose.

En hiver, vous pouvez réaliser des soupes de légumes maison. Vous n’aurez qu’à les faire cuire dans un bouillon avant de les mixer.
Certains légumes sont parfaits pour faire des pickles. C’est le cas des oignons rouges, des carottes, du chou-fleur, des concombres ou encore des radis. Découpez-les et placez-les dans un bocal en verre stérilisé puis couvrez avec une nage bouillante (eau, vinaigre, sucre et aromates) avant de refermer hermétiquement. Comptez une petite semaine avant de pouvoir les croquer sans modération.
Pour la salade
Italiens ? Passez votre chemin. Aussi discutable que la crème dans les pâtes à la carbonara, il m’arrive de troquer le basilic contre de la salade pour faire du pesto. Cela fonctionne particulièrement bien avec la roquette, la feuille de chêne ou encore la laitue. Mixez-la avec de l’huile d’olive, des pignons de pin, du parmesan et de l’ail. Et le (mauvais) tour est joué.
Pour le pain
De nombreuses boulangeries de quartier proposent des paniers anti-gaspillage. Si le griller pour le petit-déjeuner est une évidence (pour moi), le pain de la veille n’a pas mie son dernier mot.

Baguette ou miche, coupez votre pain en morceaux et faites-le revenir à la poêle dans un mélange de beurre salé et d’huile de tournesol – pour éviter que le beurre ne noircisse à la cuisson. Personnellement, je fais des croûtons de pain volontairement gros pour qu’ils gardent un peu de leur moelleux. C’est idéal pour pimper une salade composée ou faire une panzanella – salade transalpine à base de pain, d’oignons et de tomates.
Vous pouvez aussi réduire votre pain rassis en miettes, pour en faire de la chapelure. Vous pourrez ainsi l’utiliser sur vos gratins et crumbles, pour agrémenter une soupe ou pour paner une escalope par exemple.
Il ne m’aura pas fallu très longtemps pour renouer avec l’habitude des paniers anti-gaspi. Loin d’être difficile, j’aime bien me laisser porter par l’effet de surprise pour consommer et cuisiner autrement. Pas vous ?
Sources
— « Déchets alimentaires : qui gaspille le plus ? » — notre-environnement.gouv.fr
— « Nutritional and environmental losses embedded in global food waste » — ScienceDirect
